26 January 2020

Les "zinzins" donneront finalement 6 milliards d'euros pour la French Tech

Une vingtaine d'investisseurs institutionnels, dont les assureurs, se sont engagés ce lundi matin à débloquer 6 milliards d'euros pour financer les startups de la French Tech en hyper-croissance. L'enveloppe a vocation à se répartir pour moitié entre les entreprises cotées et les sociétés non cotées.

 

par Anaïs Cherif

 

Bonne nouvelle pour les startups de la French Tech. Reçus ce lundi matin à Bercy, les investisseurs institutionnels, dont les assureurs, se sont engagés à débloquer 6 milliards d'euros pour le financement des jeunes pousses d'ici au 31 décembre 2022. C'est un milliard supplémentaire par rapport à la promesse faite en septembre dernier, par Emmanuel Macron, d'engager 5 milliards d'euros de financements nouveaux pour l'écosystème.

"Une vingtaine d'institutions ont signé et mettront 6,154 milliards d'euros sur la table sur les trois ans qui viennent, avec un objectif de 20 milliards à terme, pour le financement des startups technologiques" en croissance, a affirmé le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire.

Concrètement, les investisseurs ont signé "un contrat d'engagement", "une charte de gouvernance, qui place les investisseurs au cœur du dispositif" et enfin, "un cahier des charges", a listé l'économiste Philippe Tibi, à l'origine du rapport pointant du doigt les failles du financement actuel de la French Tech, qui a orienté les promesse du président de la République. Les financements devront notamment "encourager la localisation en France des équipes actuellement basées à l'étranger, de niveau mondial", a-t-il souligné.

Financer les gros tickets

Cette initiative a deux vocations : d'une part, aider les startups en hyper-croissance à lever en France des tickets supérieurs à 50 millions d'euros environ et d'autre part, soutenir l'introduction en bourse des futurs champions français de la tech. Les engagements des investisseurs institutionnels doivent donc se répartirent pour moitié entre les entreprises non cotées, "en finançant des fonds français de capital-investissement proposant une stratégie late stage" et les entreprises cotées, "en attribuant des mandats global tech à des gestionnaires d'actifs basés en France" (ndlr : fonds investissant en actions dans des entreprises tech du monde entier), précise le communiqué de presse.

De manière schématique, lorsqu'une jeune pousse française atteint le stade de l'hyper-croissance, elle est aujourd'hui souvent contrainte de se tourner vers des fonds étrangers pour réaliser de gros tours de table. Cela a été le cas pour la startup de cybersécurité Vade Secure. En juin dernier, l'entreprise lilloise a bouclé une deuxième levée de fonds, d'un montant de 70 millions d'euros, auprès du fonds américain General Catalyst.

"Nous avons essayé de trouver des financements européens, en vain. Je pense que cela vient du fait que nous ne sommes pas encore rentables, ce qui rend frileux en France et en Europe pour des raisons culturelles. A l'inverse, nous avons eu 52 demandes spontanées de la part de fonds américains", a assuré Georges Lotigier, Pdg de Vade Secure, lors d'un échange en petit comité avec Bruno Le Maire et Cédric O, secrétaire d'Etat chargé du numérique.

Un "enjeu majeur de souveraineté", selon le gouvernement

Derrière la croissance des startups, le gouvernement voit dans ces annonces "un enjeu majeur de souveraineté". "Nous ne voulons plus seulement être les champions des startups. Nous voulons les voir devenir des entreprises de taille intermédiaire (ETI), puis des licornes (ndlr : entreprises non cotées, valorisées plus d'un milliard de dollars)", revendiquait ce matin le ministre de l'Economie et des Finances. "Aujourd'hui, il est aberrant de voir que nous finançons la croissance d'entreprises, qui au bout de quelques années, se font racheter par des entreprises américaines."

La signature a été saluée notamment par France Invest, association des investisseurs pour la croissance."Alors que les entreprises technologiques sont de puissants leviers de croissance et de rayonnement économique, il était essentiel que la France comble son retard en matière de financement de futures licornes", estime dans un communiqué de presse Dominique Gaillard, Président de France Invest.

Afin de faciliter les investissements dans les sociétés cotées ou non, le ministre a déclaré vouloir "se battre pour un assouplissement des règles prudentielles", notamment de la directive européenne "Solvabilité 2", qui régule actuellement le secteur de l'assurance. "Il faut faire attention à ce que la sur-réglementation européenne ne conduise pas à avantager les américains, au détriment des banques et du secteur financier européen", a-t-il estimé.(jft/La Tribune)

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