8 December 2019

La religion non islamique voit les femmes et ce qui concerne l'islam?

KONFRONTASI -  Soutenue aussi par des courants féministes, l’idée selon laquelle les femmes jouaient un rôle plus important dans les religions polythéistes dont le panthéon contient des déesses est populaire, depuis le XIXe siècle. Mais pas forcément vraie.

Dieu préfère-t-il les hommes ? C’est ce que laisse penser la masculinité des clergés de tous les monothéismes, christianisme, judaïsme ou encore zoroastrisme. Dans ce culte né au premier millénaire avant notre ère dans l’ancien Iran et dédié au dieu unique Ahura Mazdâ, la prêtrise est héréditaire, réservée aux fils des prêtres ou descendants mâles de familles de prêtres. Alors, c’est vrai, il existe aujourd’hui des femmes rabbins, pasteures,   c’est-à-dire membres du clergé zoroastrien, mixte depuis 2011 en Iran (1). Mais les courants majoritaires de ces différentes religions interdisent généralement aux femmes de conduire les rituels, de guider les fidèles, de commenter les textes, quand ce n’est pas tout simplement de prier avec les hommes.

 

Peut-être est-ce en imposant un Dieu unique, décrit sous des traits souvent masculins, que le zoroastrisme, le judaïsme, le christianisme  ont commencé à mettre les femmes à l’écart. Le patriarcat serait alors le propre des monothéismes, et ce dès leur origine. L’hypothèse est populaire depuis le XIXe siècle, soutenue également par des courants féministes, souvent américains (notamment le Goddess Movement, littéralement : le mouvement de la déesse).

Les polythéistes, plus libéraux ?

Cette hypothèse est pourtant partiellement fausse, du moins si l’on prend le temps de s’intéresser un peu sérieusement à l’histoire de l’hindouisme ou du bouddhisme, non monothéistes et pourtant non épargnés par les logiques patriarcales. « Il semble par exemple que le Bouddha ne souhaitait pas que les femmes puissent intégrer la sangha, la communauté des moines », relève à ce propos Hervé Clerc, auteur d’un essai remarqué consacré à la « doctrine de l’éveil » qu’est le bouddhisme (2). « Le Bouddha aurait néanmoins évolué sur cette question. Mais la présence de femmes dans la sangha a parfois été considérée comme un infléchissement », une entorse à la doctrine originelle.

Qu’en est-il dans les cultes antiques, égyptiens, grecs ou romains ? On pourrait imaginer que les femmes jouent un rôle plus important dans des religions polythéistes, dont le panthéon contient des déesses. « C’est toujours cette même idée reçue selon laquelle les polythéistes seraient libéraux, accueillants… Il y a pourtant une séparation très claire entre les hommes et les femmes dans l’Antiquité. Non mélangés dans la vie quotidienne, ils ne le sont pas plus dans la vie religieuse », affirme l’historien et archéologue Pierre-Louis Gatier (3). Un panthéon mixte n’impliquerait donc pas nécessairement une plus grande mixité sacerdotale…

La Grèce, une exception

Les « divines adoratrices » égyptiennes, épouses de dieux comme celui de Thèbes, Amon, assumaient pourtant des fonctions importantes. Et les prêtresses grecques bénéficiaient de prestige et de richesses qu’elles n’auraient jamais atteints par ailleurs. « C’est tout de même un grand étonnement de voir apparaître des femmes dans des fonctions aussi importantes au sein de sociétés aussi patriarcales », relève l’historienne Vinciane Pirenne-Delforge, titulaire de la chaire « religion, histoire et société dans le monde grec antique » au Collège de France. « Je n’ai pas d’interprétation simple à vous donner. Mais c’est comme si ces communautés humaines n’avaient pu concevoir que le service des dieux soit réservé aux hommes. »

 

La tendance générale, selon cette spécialiste du polythéisme grec, était que des prêtres desservent le culte des dieux et des prêtresses celui des déesses. Certaines fêtes grecques comme les thesmophories en l’honneur de Déméter étaient par ailleurs interdites aux hommes (elles engageaient à la fois la fécondité des femmes et la fertilité de la terre). D’autres cultes de dieux masculins pouvaient être interdits aux femmes. « On y décèle sans doute la conscience que ces rites seraient plus efficaces s’ils étaient conduits respectivement par des femmes ou par des hommes, reprend Vinciane Pirenne-Delforge, mais c’est plutôt l’exception que la règle. »

Le cas des vestales

La Grèce, où s’établit une relative égalité de fonction entre prêtres et prêtresses, est cependant une exception. À Rome, ce sont des hommes qui composent les prestigieux collèges de prêtres (les pontifes, les rex sacrorum ou encore les flamines). Les rares prêtresses sont généralement leurs femmes (les flaminica, les regina sacrorum…) ou encore les vestales, qui composent le seul collège féminin de l’Empire. Ce culte dédié à la déesse du foyer et de la famille, Vesta, fut interdit à la fin du IVe siècle, lorsque le christianisme devint la religion officielle de l’Empire. « Peut-on en conclure qu’en excluant les divinités féminines, le christianisme a fait disparaître le clergé féminin ?, interroge l’historien Pierre-Louis Gatier. Non, je ne le crois pas. Il ne faut pas extrapoler le cas des vestales. »

Ces prêtresses choisies dès l’enfance dans des familles aristocratiques, et destinées à demeurer vierges, à proximité de leur temple dont les ruines sont encore visibles sur le Forum romain, n’étaient en effet que quelques dizaines. Elles ne représentaient pas grand-chose à l’échelle de l’immense Empire romain. « Leur existence ne permet en aucun cas de conclure que les femmes avaient une place dans les hautes fonctions religieuses », reprend l’archéologue, rappelant que le christianisme des premiers siècles a eu sa façon d’intégrer les femmes aux instances dirigeantes, « en particulier les diaconesses dont le rôle n’était pas anecdotique ».

 

« Polythéisme »

Le mot « polythéisme » vient du grec « polutheos », « qui adore de nombreux dieux », et désigne une doctrine religieuse ou un système philosophique admettant l’existence de plusieurs divinités.

Ce mot aurait été inventé par le dramaturge grec Eschyle pour qualifier un enclos,
aux portes d’Argos, où sont rassemblés six ou sept dieux. « Rien de plus qu’un petit jardin polythéiste, comme il y en a des dizaines en pays grec », relevait l’anthropologue Marcel Detienne.

Ce n’est qu’à la Renaissance que le mot « polythéiste » devient une notion faisant des cultes païens un tout homogène, opposable en bloc au monothéisme.

 

Sexe faible ?

« Comment discerner sans elles sur des sujets comme la procréation ? »

Père Bruno Saintôt, jésuite, responsable du département d’éthique biomédicale du Centre Sèvres, à Paris

« Dans l’Église catholique, il appartient au Magistère des évêques et du pape de se prononcer, après concertation, sur des sujets controversés qui engagent toute l’Église. En restant ferme sur ce principe, il serait bon d’élargir de façon visible, directe et permanente la concertation dans toutes les instances de réflexion éthique en intégrant des théologiennes laïques et religieuses. Comment penser et discerner sans elles sur des sujets comme la procréation ? De façon générale, nous devons continuer à apprendre à “penser avec” et “discerner avec”, sans enfermer les femmes dans une fonction ou une compétence spécifique, ni même dans la reconnaissance d’un “génie féminin”, qui serait une manière subtile de disqualifier certaines paroles et de se réserver certaines compétences argumentatives. » Quelle est la vision islamique de la femme?

 

L’Islam et le statut de la femme

 

L’islamisation de notre société suscite bien des polémiques quant au statut des femmes.

De la polémique sur le voile intégral à celle sur le burkini en passant par des lieux réservés exclusivement aux hommes dans les quartiers à majorité musulmans, il convient de s’intéresser à la place de la femme dans cette religion.

Quel est le statut de la femme dans l’islam ? Qu’explique réellement le Coran au sujet de la femme ?

À voir le nombre de sites musulmans qui tentent de démontrer que le statut de la femme dans l’islam ne présente pas de difficultés, on comprend de ce fait le souci que soulève cette question pour les fidèles de cette religion.

La femme dans le Coran

Le hadith de Muhammed : « Celui qui traite sa femme de la meilleure façon fait partie des meilleurs musulmans » est souvent cité pour justifier du respect dont la femme jouit. Mais de nombreux versets du Coran vont dans un sens différent. Il est bon de les connaître afin d’interroger les musulmans pour les faire réfléchir sur la place de la femme dans leur religion.
Le Coran parle certes de l’origine commune de l’homme et de la femme : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et qui, de celui-ci, a créé son épouse et qui fit naître de leur union un grand nombre d’hommes et de femmes » (cf. Sourate 4, 1). Mais, par ailleurs, il affirme et justifie la supériorité de l’homme sur la femme : « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-ci au-dessus de celles-là » (4, 34). L’infériorité de la femme est donc due à la volonté de Dieu et non pas à un esprit masculin de domination, fruit du péché originel auquel l’islam ne croit pas.
La préférence de Dieu pour les hommes se manifeste ainsi par la marginalisation
des femmes dans le texte sacré. À l’exception de Marie, les femmes dont il y est question sont anonymes.

La supériorité de l’homme sur la femme dans l’islam

C’est sur cette inégalité fondamentale que se fonde la différence entre les hommes et les femmes dans le droit islamique.
1) Devant l’héritage : « Dieu vous ordonne d’attribuer au garçon une part égale à celle de deux filles » (4, 11). De manière plus large la femme est considérée par le droit musulman comme une mineure à vie, qui nécessite l’autorisation d’un tuteur, à savoir l’homme le plus proche de sa parentelle (son mari, son père, son frère…).

2) Sur le témoignage en justice : « Demandez le témoignage de deux témoins parmi vos hommes. Si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes, parmi ceux que vous agréez comme témoins. Si l’une des deux femmes se trompe, l’autre lui rappellera ce qu’elle aura oublié » (2, 282). Il en ressort que les professions juridiques sont souvent impossibles aux femmes en pays musulmans.

3) Dans le cadre du mariage : La polygamie est autorisée. En revanche, la polyandrie ne l’est pas. « Épousez les femmes qui vous plaisent, deux, trois ou quatre, mais si vous craignez de n’être pas équitables envers celles-ci, alors n’en prenez qu’une,
ou les esclaves que vous possédez » (4, 3). S’appuyant sur un autre verset du Coran qui affirme l’impossibilité d’être équitable : « Vous ne pourrez pas être équitables envers vos femmes, même si vous en êtes soucieux » (4, 129), certains états musulmans ont imposé la monogamie. Cependant, en raison du caractère divin du Coran, la permission polygamique ne peut être totalement supprimée.

  • Le musulman possède le droit de répudiation, mais pas la femme. Même s’il est « pour Dieu l’acte licite le plus abominable », selon Muhammed, il reste un droit dont l’homme n’a pas à se justifier. Son devoir unique est de verser une pension convenable à sa femme (2, 241).
    • Il a enfin le droit de la battre : « Admonestez celles dont vous craignez l’infidélité ; reléguez-les dans des chambres à part et frappez-les » (4, 34).

4) Par rapport aux obligations religieuses : Si l’homme et la femme sont tenus aux cinq piliers (profession de foi, prière, aumône, ramadan, pèlerinage à La Mecque), les femmes ne sont pas obligées ni encouragées à aller à la mosquée ; et si elles y vont, elles doivent rester dans un espace réservé. Et l’accès leur est interdit dans les moments d’impureté légale (après un accouchement, pendant les menstruations…).
Dans l’ensemble du Coran, on constate une méfiance vis-à-vis de la femme. Il en découle la volonté d’éviter la mixité sociale – l’affaire des horaires séparés des piscines municipales l’illustre – ou encore de voiler les femmes.
Les inégalités ne sont cependant pas totales. Ainsi, même si les délices sexuels du paradis sont décrits pour les hommes uniquement, il est aussi promis aux femmes une bonne vie : « Certes, nous assurerons une vie agréable à tout croyant, homme ou femme, qui fait le bien » (16, 97). De plus, rien n’interdit dans le Coran à une femme d’être scolarisée ou de participer aux affaires politiques. Elles peuvent aussi travailler. « Une part de ce que les hommes auront acquis par leurs oeuvres leur reviendra ; une part de ce que les femmes auront acquis par leurs oeuvres leur reviendra » (4, 32)

Ce rapide tableau souligne l’inégalité de droit et de fait dans l’islam entre l’homme et la femme. Loin du christianisme qui pose, dès la création, l’égale dignité entre l’homme et la femme, à laquelle s’ajoutent ses nombreux et grands modèles féminins de sainteté, l’islam ne présente que très rarement la féminité pour ce qu’elle peut apporter à l’humanité en vertu de ses charismes et de son génie propres.

 

 (1) Les zoroastriens seraient 120 000 dans le monde. (2) Les Choses comme elles sont, Folio, 290 p., 10,20 €. (3) Codirecteur de l’ouvrage collectif Les Clergés dans les sociétés antiques, CNRS, 288 p., 28 €.

 

.(Jft/La Croix et La Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine )

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